Domenech se lâche dans Ouest France !

Publié le par Le Square

Chroniqueur pour Ouest-France pendant l'Euro 2012, l'ancien sélectionneur des Bleus Raymond Domenech revient sur l'élimination de l'équipe de France face à l'Espagne.

Battus dans le combat physique et l'envie par les Suédois. Battus dans l'intelligence et la technique par les Espagnols. Mais premiers au nombre d'excuses inventées, les Français ont rendu une copie bien frustrante.

Épiloguer sur les choix de Laurent Blanc, qui avait opté pour un nouveau remaniement et pour une sécurisation défensive, sur ses changements souvent tardifs ou sur sa difficulté à gérer des ego démesurés, ne ferait que masquer l'écrasante responsabilité des joueurs. La vérité est sur le terrain.

« Il suffit de quelques-uns pour qu'un groupe explose ou implose»

Une grande compétition n'est que le révélateur de la force d'un groupe, d'une génération. Celle-là, avec ses « stars », a montré toute l'étendue de ses faiblesses. La plus criarde étant son incapacité à regarder autre chose que son nombril. Il suffit de quelques-uns pour qu'un groupe explose ou implose.

«Nasri ? Le vestiaire se chargera de l'enfoncer»

Nasri en a été le symbole visible. Je n'en dirai pas plus, le vestiaire se chargera de l'enfoncer. Benzema a, lui, montré que jouer au Real est bien plus aisé que d'évoluer en sélection. Pour une raison simple. Son jeu demande des appuis dans la surface de réparation. En équipe de France, il est seul... et il ne reste pas devant. Il a voulu être le sauveur, c'était mission impossible.

 

«Ménez peut monter une entreprise de démolition, il fera fortune»

 

Le cas de Franck Ribéry est symptomatique de l'ambiance. Si de Knysna à Kircha, il n'y a que quelques lettres d'écart, Franck a subi les effets de sa volonté de rattrapage d'image. Il a fait son travail et le mot est juste : son travail. Je connais le petit Franck. Il est soit euphorique, soit colérique. Jamais neutre. Et là, il a traversé l'Euro sans émotion visible.

 

Enfin, les remplaçants sont les maçons d'un groupe. Soit ils consolident l'équipe, soit ils la détruisent. Ménez peut monter une entreprise de démolition, il fera fortune. M'Vila pourra être son maître d'oeuvre au vu de sa sortie de terrain, remarquable face à l'Espagne...

 

Il y avait ceux que l'on attendait - ils ont déçu - et les autres qui ont subi sans réaction, ce qui est tout aussi inexcusable. Seul, Diarra s'est révolté dans le vestiaire après la Suède. Conclusion : privé d'Espagne. Trop fatigué. Pas certain que d'autres prendront le risque de stigmatiser des comportements à la limite.

«Les cadres ont disparu»

Enfin, les cadres ont disparu. Evra, capitaine déchu, est resté sur le banc. Malouda, porte-parole de l'équipe, a traversé l'Euro sans autre impact que médiatique. Il n'y a pas d'autre patron. Et surtout pas sur le terrain.

 

Il y avait mieux à faire, sans doute. Être battu par les champions du monde n'a rien d'infamant. Mais pas sans envie. Pour y remédier, il faudra changer la philosophie de notre éducation sportive et placer le collectif au centre de la formation des futurs professionnels français. Comme le font les Espagnols !

Raymond DOMENECH. 

 

   
 
   

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